Page cochée

Conversations avec Klaus Kinski

propos sur la vie, l'art et les abysses

 
Liste des entrées jusqu'à maintenant publiées.

CONVERSATIONS AVEC UN PÉCHEUR
Flexion du printemps 2022
Présentation de mon cahier de correspondaces avec Klaus Kinski
Mes conversations avec Klaus Kinski (1926-1991) sont des activités de journalisation que je recoupe sous la forme d'un cahier de correspondance et que je publie sur la Page cochée sous forme d'échanges soutenus que je tiendrais avec lui et dans lesquelles j'aborde différents thèmes. Principalement, des propos que j'ai envie de partager quant à l'art, la vie ou ce que j'appelle les abysses: bien qu'ils méritent d'être mieux définis à un certain point, les abysses évoquent ce que l'on peut s'imaginer quant aux jugements de nos semblables les êtres humains sur notre personnalité, ou sur les différentes démarches que nous entreprenons ou menons tout au long de notre vie. Je me suis inspiré d'une expression que j'associe à Klaus voulant que nous soyons tous des abysses les uns pour les autres.

Puisque nous sommes tous pécheurs, il est assez peu nécessaire d'expliquer en quoi le choix de tenir une telle correspondance avec un pécheur avoué est un soutien tout à fait approprié quand il s'agit d'entreprendre l'élaboration d'une christologie; toutefois, mis à part les différents thèmes que j'ai mentionnés précédemment, je crois que la Page cochée, mon système personnel de gestion des contenus, cherche à résoudre indirectement de grandes questions, par exemple: quelle opinion soutenir quant à la commercialisation de la foi? Sous quels angles la question de la curation de contenus profanes peut-elle le mieux dévoiler sa pertinence? Et, finalement, dans une mesure sans doute beaucoup plus discrète, quelle place, quelle modalité pour la gestion des savoirs à notre époque?

Outre les frasques associées au personnage, j'ai retenu Klaus Kinski comme pécheur et correspondant parce qu'il me semblait aller très loin, dans son autobiographie, dans la désacralisation du Fils de l'Homme. Pour l'heure, j'interprète qu'il souhaitait qu'on le compare à Jésus, plutôt qu'à Dieu: je crois que Klaus s'établissant ainsi comme un pendant du Fils cherchait à enjoindre, ceux et celles qui souhaitaient juger de sa médiocrité humaine, à recourir à une image divine d'eux-mêmes afin d'articuler leurs jugements ou leurs critiques, en particulier bien évidemment, en ce qui concernait sa propre personnalité, sa vision du monde et ses propres faiblesses.

Je mentirais éhontément si je ne mentionnais pas la joliesse de sa fille Nastassja: peut-être la figure kinskienne aurait-elle perdu son intérêt pour moi, en cours de route, si ce n'était de l'attrait certain que les images, les potins et la carrière de sa fille ont pu exercer sur moi. Dans Une idée de l'art, je mentionne: « peu importe la factualité ou l'interprétation qu'on décidera de retenir de mon idéalisation, le nom Kinski, les films de Hammer Productions et le genre horreur sont indissociables à mon esprit. 1 »

De telles activités de journalisation, en plus d'être assez plaisantes à réaliser, sont d'une aide particulièrement précieuse pour l'organisation d'idées, qui autrement, demeureraient nul doute plus éparpillées. Parfois, tout simplement, elles sont le soutien nécessaire à faire taire des dialogues intérieurs un peu trop incessants. De plus, la formule que j'ai retenue me permet de revenir sur chacune des entrées et d'enrichir leurs valeurs avec des notes de bas de pages diversifiées, et avec lesquelles je prends parfois quelques libertés juste pour le plaisir de m'amuser.

(1) in, Une idée de l'art (printemps 2022)


Visuel du film Nosferatu, fantôme de la nuit (1979, réalisation de Werner Herzog). En français, la capsule se lit « Le temps est un abysse profond comme mille nuits. »

Extrait de la mini-biographie de Klaus Kinski, depuis IMDB (traduction libre, depuis l'anglais): « Il a commencé à jouer dans des films peu de temps après, montrant un mépris total pour la qualité des productions dans lesquelles il est apparu et en produisant tellement qu'une filmographie complète est presque impossible à assembler. »




En traduction de libre, depuis l'anglais de la préface de l'édition 1996: « Ma violence est la violence de l'homme libre qui refuse de plier. La création est violente. La vie est violente. La naissance est un processus violent. Les tempêtes et les tremblements de terre sont des mouvements violents de la nature. Ma violence est la violence de la vie. Ce n'est pas une violence contre la nature, comme la violence de l'État, qui envoie vos gosses à l'abattoir, endort vos esprits et chasse vos âmes ! » La version française de l'autobiographie de Klaus Kinski est intitulée J'ai besoin d'amour.


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