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Page cochéeConversations avec Klaus Kinskipropos sur la vie, l'art et les abysses |
Hello Klaus!Le tragique de l'interopérationnalité |
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13 octobre 2021
Salut Klaus!
Le fait est que j'aurais aimé aborder un autre thème que celui-ci pour cette entrée, mais voilà:
à cause d'un truc qui s'appelle
l'interopérationalité, je serai probablement obligé de faire muter nos conversations sur une plateforme wordpress.
Bon c'est sans doute un peu flou pour toi ces termes, alors dit brièvement: nous avons un truc qui s'appelle l'internet.
C'est un réseau qui permet à tous les ordinateurs de se brancher et d'ainsi créer une toile, d'où qu'on fait référence à ce réseau comme
le web. Concrètement, ces interconnexions permettent à tout un chacun d'utiliser le réseau comme s'il était une jarre à partir de laquelle
on prend ce que l'on veut et on laisse ou ajoute ce que l'on veut pour que d'autres puissent à leur tour prendre ou ajouter. C'est une de ces
fameuses révolutions qui va tout révolutionner - tu en sans doute cotoyé 10 ou 20 de ces révolutions technologiques qui vont changer le monde
de ton vivant, alors je ne vais pas aller trop en avant sur les possibles qu'offrent le web.
Cela dit, je crois pouvoir t'intéresser à ce que j'appelle un argument technologique.
J'avais déjà en tête de mettre l'argument technologique
dans ma démarche artistique ou dans la théorie de l'art qui l'accompagne, alors ce n'est pas un grand détour que de l'éfleurer ici au passage.
Même si le contexte est un peu différent; enfin, j'en viens à mon point.
La plateforme wordpress est une des plus utilisée, sinon la plus utilisée sur le web. Elle est conçue pour pouvoir créer des contenus
(donc, ajouter à la jarre) et est réputée facile d'utilisation: ce qui permet à un grand nombre d'utilisateurs de créer des contenus qui
se constituent en niches thématiques, pour ainsi dire, et donc d'offrir à l'ensemble des usagers du web, du réseau internet de par le monde,
un accès à des contenus très variés. Les usagers qui consomment ces contenus peuvent laisser des commentaires ou entrer dans d'autres formes
d'échanges ou d'intéractions avec le producteur du contenu (qu'il soit individuel, collectif ou plus commercial (les entreprises, organismes et
institutions de tout ordres, par exemple)), mais aussi avec d'autres usagers, consommateurs de l'information publiée.
Cette entrée, à titre d'exemple, est une information destinée à la publication sur le réseau internet et elle pourra donc être consommée
par les usagers qui visiteront mon site web (personnel). Ce site web personnel et ce à quoi je fais référence lorsque je parle de la
Page cochée.
Enfin, j'en viens à mon point; (je dois me faire vieux pour répêter ainsi!)
Pour le déploiement de mon contenu, j'avais en tête de me débrouiller avec seulement du HTML - c'est un langage de programmation très simple, avec
lequel je suis familié. En gros, plutôt qu'avoir un caneva esthétiquement enrichi comme avec wordpress sur lequel se place le contenu ajouté par le
créateur, le HTML démarre tout sur une page blanche. Parfait pour quelqu'un qui aime écrire! - tu me diras peut-être - mais il y aussi ce truc
qui s'appelle le positionnement dynamique et qui permet d'ajuster de menus détails dans le placement ou la configuration des contenus sur la
fameuse page blanche.
Puis, au final, il y a la liberté: la liberté d'une page blanche, c'eût été mieux de dire un écran blanc sans doute,
la liberté d'enrichir (souvent avec les moyens du bord, il faut bien le dire) sa présentation esthétique, mais au final savoir que
chacun des pixels (unité de mesure du plus petit des éléments qui peut être perçu, l'équivalent d'une petite goute d'encre noire sur une
page blanche) qui s'affiche sur l'écran a été placé minitieusement par l'auteur, le créateur, le producteur du contenu. De savoir que le produit
a été travaillé en atelier, à l'écart du réseau et de la jarre dans laquelle il se retrouvera, bonifie encore plus
le sentiment de liberté associé à l'utilisation du HTML. Tu seras sans doute d'accord avec moi:
Ça semble pas mal, pas mal du tout, pour mes besoins, mes habiletés, mes préférences, etc.
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Mais voilà, qu'il y a l'interopérationalité des plateformes. Une tragédie, presque.
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Mais voilà, qu'il y a l'interopérationalité des plateformes. Une tragédie, presque. L'interopérationalité c'est une mesure à partir de laquelle on peut déterminer jusqu'à quel point le produit verser sur internet est accessible. Les applications qui permettent la consultation des contenus sur internet sont extrêmement diversifiées. Les usagers du réseau, qu'on appelle internautes, ont tous leurs préférences à cet égard et ne sont jamais très friands à l'idée d'interrompre leur navigation web pour changer d'application lorsqu'il rencontre un contenu qui n'a pas été conçu spécifiquement en fonction de leur application préférée. D'où qu'on puisse dire que meilleure est l'interopérationalité, plus grande, voire même plus démocratique, est l'accès au contenu. Entre en scène Wordpress: d'une part, très démocratique puisqu'il permet aux usagers qui n'ont pas ou très peu de connaissances informatiques de pouvoir gérer une plateforme de contenus et, d'autre part, entièrement ou presque interopérationnel. C'est donc dire qu'il s'agit d'une plateforme qui est accessible à une très vaste variété d'applications. Et donc, à la masse des internautes également. Bien que le HTML soit extrêmement basique, les pages ainsi formatées ne s'adaptent pas aussi bien à la varitété d'applications et aux différents équipements techniques employés par les internautes. Biensûr, il y a moyen de contourner en partie ces limitations, mais cela implique plus de temps à penser l'interopérationalité et moins de temps à penser ou faire des choses intéressantes: de plus, les gains faits en interopérationalité vont souvent se traduire par des pertes de liberté, en outre en regard de ce que j'appelais plutôt le positionement dynamique parce que j'aime bien utiliser les coordonnées de la page blanche comme si celle-ci était constituée de coordonnées fixes. Or, ces coordonnées sont plutôt relatives puisque qu'elles sont fonction de l'application et de l'équipement technique utilisés par l'internaute pour décoder, consulter et consommer le produit publié numériquement. Si cela t'intéresse, peut-être qu'un jour nous reparlerons de la chaine de la créativité et d'autres éléments qui peuvent être discutables quant à l'utilisation de Wordpress, plutôt que de la page blanche qui s'offre lors de la création d'un document HTML; et toute la liberté - liberté créatrice, en outre, qu'elle peut offrir. Pour le moment, me suffit pour l'actuel propos de mettre en doute cette inéluctable course à la productivité: penser, créer, produire plus, toujours plus d'éléments et plus vite de surcroit. Wordpress offre une grande variété de thèmes et ces thèmes peuvent être personnalisés. Mais quant-à moi ces thèmes (et l'application qui les soutient) sont toujours, par la bande, des produits fabriqués à la chaine. Tout le contraire d'une page HTML qui toujours démarre sur une page blanche et qui s'offre comme une véritable matière à explorer. Une invitation à l'exploration créative qui pose, à tout les coups, le comment produire le contenu et enrichir sa disposition. Le cahier de charges graphiques, en HTML, peut toujours être à refaire d'une page à l'autre: avec un thème Wordpress, même personnalisé, le canevas n'offre jamais dans cette mesure d'explorer la créativité que permettent les contraintes liées au médium. Une tragédie, presque, cette interopérationalité qu'on ne peut jamais tout à fait éviter d'à tout le moins penser... Salut Klaus!, on se reparle dès que j'ai une autre crise existentielle de cet ordre! D. |
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