Page cochée

Conversations avec Klaus Kinski

propos sur la vie, l'art et les abysses


L'argument technique


TITRE ORIGINAL: L'argument technologique (1)

13 septembre 2021

Salut Klaus!

Tiens, me voici en questionnement existentiel!

      Quelques jours après t'avoir dit que j'avais en tête d'articuler l'argument technique de ma démarche artistique à l'écart, ou peu sans faut, des technologies liées au web et, plus spécifiquement, des technologies liées à la production de contenus, voilà qu'une liste d'éléments me semble particulièrement intéressante à aborder. Le hic, c'est que ces éléments ne s'articulent pas vraiment à partir ni de l'argument technologique prévu au départ, ni même de la démarche artistique, mais bien du billet Hello Klaus que je t'ai écris il y a quelques jours.

Bien qu'aujourd'hui, je m'en amuse, ces remises en question - sur de petites trivialités - mettent assez bien en relief mon rapport avec la procrastination...

Enfin! Laisse-moi te poser la question en mille: quelle importance a la chronologie d'une histoire, d'un développement ou d'une évolution?

« Quelle importance donner au point d'origine de l'articulation de cette histoire ? »

Quelle importance donner au point d'origine de l'articulation de cette histoire? Lorsqu'on pense l'histoire, pour ainsi dire, depuis sa fin (son objectif, sa finale, son dénouement) créons-nous une manifestation ou nous inscrivons-nous dans une manifestation, une réalité, une histoire qui viendrait jusqu'à nous pour ainsi dire?

S'agit-il d'une histoire qui nous parviendrait plutôt que d'émaner de nous ou de son créateur? (2)

La procrastination lorsqu'elle est détestable ou insurportable est-elle fonction d'un tel effet à rebours où un point d'origine qui se serait pointé à nous que pour disparaitre hors de notre portée, ou de notre compréhension, nous entrainerait dans une quête pour le retrouver ou pour mieux le saisir? Si l'on écrit vraiment pour penser, je continuerai à faire de bien que trop longs paragraphes, de bien que trop longues digressions, comme tant d'aventures que des personnages pourraient être ravis de vivre. Aussi, si cette réalité est manifestée depuis un autre temps ou un autre espace que le mien, il me semble raisonnable de douter ou de craindre tant ces aventures, que ces réalité, que cette histoire.

Je ne blaguais pas faut-il croire, lorsque je te disais plus haut qu'en choisissant une croissance organique des contenus destinés à la Page cochée je m'étais plongé dans une crise existentielle!

L'argument technologique n'était pas, à mon idée, un élément qui nécessitait d'être planté urgemment: au contraire, dirais-je, je croyais bien qu'après avoir résumé quelques grandes lignes sur ces technologies (leurs limitations, comme ma capacité à profiter d'elles), j'aurais à glanner ici et là un peu de contenu, y greffer quelques idées, peut-être surement par associations, mais sans plus. Le fait est que l'argument technologique, au départ, se limitait à l'utilisation éventuelle de la technologie Android comme médium pour mon projet d'art. Or, la technologie Android m'est assez étrangère. D'où que j'ai pu douter que j'étendrais spontanément mes propos à ce sujet. Une rapide recherche internet nous apprend que:

Qu'Android est un logiciel (système d'exploitation) pour appareils intelligents, qu'il est le système d'exploitation le plus utilisé et qu'il est un logiciel libre (donc le code peut être modifié librement par d'autres programmeurs).
et, ma foi, tu en sais maintenant presque autant que moi sur le système d'exploitation le plus utilisé!

Je te laisse sur ces mots, à bientôt. D.


Deux filles d'Amenhotep IV / Akhenaton (El-Amarna), art amarnien

(1): Au départ l'argument technologique était destiné à envisager le médium par lequel un public pourrait s'intéresser à l'oeuvre Tout l'océan sur un riblet. Depuis, cet argument recoupe trois éléments de fidélisation à l'idée originale et me semble mieux libelé comme argument technique. L'argument technique décrit les moyens dont je dispose, leurs limitations et mes limitations personnelles quant à leur utilisation, ainsi que le rapport qui peut s'établir entre ces moyens et les éléments de fidélisation à l'idée originale. Les trois éléments principalement concernés par les angles de cet argument sont l'évocation des techniques suivantes (13.12.2021):
  • La technologie Android, envisagée comme outil de communication mobile ayant une esthétique propre, et offrant une expérience propre de consommation de l'information ou de découvertes d'expériences variées issue, principalement de la navigation sur internet qui vient à consituer un flux. Le médium, per se, est présenté comme un outil de communication (ou remplace le traditionnel téléphone, par l'appareil dit intelligent).
  • Les livres dont vous êtes le héros et, dans une moindre mesure les jeux de rôles de table, spécifiquement en regard de l'expérience et du pouvoir décisionnel donner aux joueurs / lecteurs (ici, des publics?) et des conséquences qu'entrainent ces décisions pour les personnages et l'univers. Dans la mesure où la fable se donne comme un univers intégrant à la fois des personnages fictifs, mais aussi ceux et celles qui s'en trouvent à expérimenter à la fois et les personnages et l'univers. Les décisions en viennent ainsi à corrompre ou, du moins, rendre impossible une linéarité chronologique. Le dévoillement de la fable s'en trouve donc personnalisé par celui qui l'expérimente et cette expérimentation rend possible un degré d'immersion.
  • L'art lyrique a été probablement retenu parce qu'il s'agit d'un bel art et qu'il me semble communiquer un aspect de mise-à-nu lorsqu'on approche les actants comme des instruments de musique. Il se peut aussi qu'il s'agisse d'un souvenir de ma grand-mère. Je pense que selon les ressources (et les moyens techniques ou autres) dont je disposerai, prétendre à une évocation de l'art lyrique permet un juste écart et un juste rapport avec le palais à volonté; cela dit, l'art lyrique n'est pas trop théâtral, pour ainsi dire et mon opinion sur le sujet a sans doute motivé son inscription dans ma démarche et, plus spécifiquement, parmi les éléments de l'argument technique.
(2): Alors que je révise ce texte (décembre 2021), je me souviens qu'hier (11 décembre) mon exploration des abysses ou du schisme du réalisme m'a conduite à inventer un démon. Puisque ce texte évoque à la légère les remises en question existentielles, je crois qu'il est pertinent d'intégrer cette note ici. L'idée d'inventer un démon est issue de la démarche artistique de Tout l'océan sur un riblet où j'ai dernièrement valorisé l'exorcisme de quelques démons dans le contexte de la création de l'oeuvre. Aussi, je ne suis pas encore fixé sur l'appelation de ce démon mais il semble se nourrir d'un espace-temps (ou à partir d'un espace temps) qui m'est totalement extérieur et qui peut rappeler l'idée d'une histoire ou d'une tribulation qui parviendrait jusqu'au créateur plutôt que d'émaner de celui-ci. En m'intéressant à sa dénomination (suffit parrait-il de définir quelque chose pour la vider de son sens...) j'ai retenu l'idée suivante, ici présentée en grecque, en latin et finalement en français.
  • αυτός που είπες ότι απελπίστηκε;
  • ille dixisti desperavit;
  • celui dont tu disais qu'il désespérait.
Avec, à peine quelques jours de recul, je crois qu'une autre modalité verbale aurait été mieux, par exemple: celui dont-tu dis qu'il désespère. Dans tout les cas, en tentant de trouver une version araméenne j'ai conçu un réseau de concepts, qui suit les lignes suivantes: B-L-S (Iblis*), désert (SAHARA), sécheresse (ANKARA) (du coeur, de la sévérité), pharaon (endurcicement du coeur, ressort de la trame narrative chrétienne). Je ne sais pas à quel point ce matériel s'avérera utiliseé, mais je vais créer une page ressource afin qu'il puisse être possible d'aller plus en avant dans ce réseau de concepts. (tosr_demon1 (ressource inexistante pour le moment) : Le terme proviendrait de la racine arabe بلس : « B-L-S » (balasa, « il désespérait »).


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