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Page cochéeConversations avec Klaus Kinskipropos sur la vie, l'art et les abysses |
Le boeuf, la fourchette et
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18 janvier 2022
Salut Klaus!
Bonne année! Car nous voici en l'an de grâce 2022.
J'ai pensé t'écrire quelques mots personnels sur le Noël et sur le jour de l'An qui vient de
passer. Du coup, je vais en profiter pour alimenter un peu le volet propos sur la vie de mes correspondances avec toi.
J'ai eu l'opportunité de réfléchir sensiblement à ce qu'est l'étude du caractère au cours dernières semaines. Je déduits de ces réflexions
que l'angle des motifs et du caractère est le bon; toutefois le traitement de cet angle tend à produire des contenus vraiment rigoristes de
nature. Puisque je manque tellement de discipline, cela me convient bien, mais je cherche tout de même des pistes qui me permettraient d'ouvrir
ces contenus à de plus larges publics tout aussi bien qu'aérer le contexte de leur production.
Je crois que l'angle des gouts et préférences peut permettre ce type d'allégement.
Par les temps qui courent, il y a une épidémie (mondiale) de coronas virus
alors il nous était impossible de se réunir: au départ, nous devions être une dizaine, puis au final nous n'étions que quatre, en m'incluant. J'ai
hésité entre deux recettes glanées sur le web et je comptais improviser un peu afin d'hybrider l'une et l'autre et pouvoir prétendre un tant soit
peu à la création. Il faut dire que les deux recettes se ressemblaient beaucoup: les photos accompagnant l'une étaient plus belles et
donnaient l'idée d'un plat
véritablement appétissant. Cependant que l'autre était publiée sur un site qui a su souvent m'offrir des résultats absolument plaisants et avait,
également, l'originalité d'inclure une cuillière de brandy sur la liste d'ingrédients.
Bien que je m'étais autorisé, pour cette occasion, à considérer en boucle mes choix je fus frappé par la trouille lorsque fut le temps de cuisiner.
Aussi, contrairement à ce que j'aurais souhaité, j'ai surtout cherché à limiter les libertés que je prenais avec la recette choisie.
J'ai opté pour la recette aux belles photos, avec une certaine assurance puisqu'elle était dite inspirée de la cuisinière de renom, Julia Child;
je me souviens d'avoir visionné un film qui évoquait la vie de cette dernière, il y a quelques années, et mes connaissances à son sujet ou quant
à son oeuvre, se limitaient aux souvenirs que j'entretenais de ce visionnement. Aussi, la présentation de cette recette était plutôt rassurante et
laissait imaginer pourquoi le boeuf bourguignon avait acquis une forme de notoriété: soit comme plat gastronomique ou, comme présenté dans cette
recette, comme un plat réconfortant.
J'ai pris la journée du 23 décembre pour préparer le souper du lendemain: j'avais prévu cuisiner le jour-même du repas, mais j'ai pris peur sur une mise en
garde qu'avait inclue l'auteure selon laquelle le gout de l'alcool pouvait être très prononcé immédiatement après le temps de cuisson recommandé. Aussi,
ai-je été aggréable surpris et réassurer lorsque je gouta mon mélange: un très bel équilibre, même un peu décevant en ce sens où les couleurs et
les attentes, quant à un met qui a fait époque, me semblaient bien mal valorisés par la simple atteinte d'un aggréable, voire parfait, équilibre.
Lovecraft écrit à Howard, le lundi 7 novembre 1932, que « parmi les viandes, j'imagine que je préfère le boeuf pour
la consommation générale, mais j'aime les autres viandes tout aussi bien. J'aime les saucisses, en particulier les
saucisses à l'ancienne cuites au four ou frites. J'aime la volaille, mais uniquement la viande blanche. Je ne supporte
pas la viande brune.
Mon repas vraiment préféré est le dîner régulier à base de dinde de la Nouvelle-Angleterre, avec une vinaigrette très assaisonnée,
de la sauce aux canneberges, des oignons, etc.
et une tarte hachée pour le dessert. » (Traduction libre, d'après l'anglais original trouvé sur
A compilation of all foods mentions in Lovecraft's
private letters.
À mon avis, ce n'était pas mauvais, mais je n'éprouvais pas de tristesse à l'idée qu'il y en avait de moins en moins dans mon assiette. J'ai découvert le
lardon comme ingrédient dans la cuisine et il y avait certe une forme d'originalité dans le plat, mais cette originalité se résumait à la présence du
vin dans la sauce et la capacité de cette dernière à garder en équilibre les autres saveurs. Au-delà de cette équilibre, je crois qu'il y avait
très peu à remarquer
et donc très peu à dire. Je regrette de ne pas avoir osé l'hybridation dont je te parlais plutôt, et mon
manque de courage quant aux écarts que je me suis refusé à prendre en cuisinant. Si c'était à refaire, j'essayerais sans doute d'inclure des gouts
et des saveurs qui me plaisent quitte à briser l'équilibre sur laquelle je me suis déjà trop entretenu... J'ajouterais aussi la cuillière de brandy
afin que le plat ait un niveau de saveur supplémentaire.
Bref, trop insipide: je vais garder un peu de modestie et me blâmer plutôt
que de lancer la pierre à la recette ou au gout des publics qui, à mon avis toujours, semble élevé ce plat sur des bases assez peu demandantes.
Dernièrement, j'ai eu l'opportunité de faire quelques test avec le poivre blanc,
les graines de sésames et de fenouils. Lorsque je cuisine le poisson, j'ajoute de l'estragon. Je suis encore assez loin de la fourchette que j'aimerais
obtenir, mais je m'amuse beaucoup à imaginer et gouter mes recettes (mélanges, serait sans doute un mot plus approprié) improvisées.
Dans tous les cas, je m'amuse beaucoup de mes essais en cuisine (2)
j'arrive parfois à de bons résultats, parfois à des résultats étonnants et d'autre fois, à des gouts un peu décevants. Puisque j'ai suivi une
recette traditionnelle pour le boeuf bourguignon, tu comprends sans doute mieux ma déception: à l'improviste, il me semble arriver, avec assez de
régularité, à des résultats aisément comparables à la qualité de ce que j'ai servi pour ce Noël...
Après avoir offert, sans succès, à l'assemblée de jeter des pierres à une pécheresse, Jésus de même que l'assemblée va son chemin sans juger cette dernière.
Jean 8:12, nous dit
alors du Sauveur qu'il est « la lumière du monde » et ajoute que « Celui qui vient à [sa] suite ne marchera pas dans les ténèbres;
qu'il aura la lumière qui conduit à la vie. » J'envisage ici "la vie" comme un synonyme de "la Vérité". Je m'explique rapidement sur ce point:
culturellement, je crois qu'il est difficile de ne pas admettre l'héritage de la judéo-chrétienneté dans nos vies, dans nos manières de voir ou de
comprendre le monde ou, encore, dans les raisons qui motivent l'ordination de nos valeurs. Pour moi, mais aussi sans trop de prétentions à cet effet,
pour les gens
avec qui j'ai grandi et, par extension, pour mon environnement tant immédiat que plus large, il me semble aller de soit que la trame narrative biblique
n'était jamais très loin de moi et des quotidiens que je vivais.
Précisément, de tous mes quotidiens et de toutes mes expériences avec le monde jusqu'à ce jour. Et, si Dieu veut bien que le soleil se lève pour moi
demain, il en sera également ainsi pour mon prochain quotidien, comme pour le suivant.
L'ensemble concerné par la Page cochée tient à la saturation d'idées: c'est par cette saturation que devait ou
doit s'opérer ma nouvelle épistémologie (3), ma nouvelle objectivité (mon renouveau, aussi bien dire). Il fait donc sens que recentrer
mon vrai (la seule vraie vérité) passe par une réhabilitation (un souvenir repris conscienment, par choix) de la trame
narrative biblique et en particulier de la vie, la mort et de la resurrection de Jésus - sous-ensemble, pour ainsi dire, que j'essais de
formuler sous l'appellation la force-puissance resurrection.
Recenter mon vrai (la seule vérité), m'éloigner du mensonge ou purger autant se faire que peut mes souvenirs des mensonges c'est réarticuler
la force-puissance ressurection dans l'ordre de mon vivant. S'éloigner du mensonge va de paire avec emprunter ou suivre la voie du Seigneur.
La saturation des idées par la pensée chrétienne (et les valeurs qu'elle véhicule) est un atout dont on ne peut se passer dès lors qu'on éprouve
une attirance pour ce chemin et sa promesse de salut.
Pour les mensonges, dont sont innévitablement teintés les souvenirs de nos passés, se remémorer que le Sauveur n'était jamais bien distant des voies
que nous empruntions, c'est retrouver la vérité; asserter que chacun des pas que l'on commetait, dans nos passés, s'écartait plus ou moins de la voie
tracé par le Seigneur, qui nous a toutes et tous voulus pécheurs, c'est mettre en relief l'existence même de cette voie: celui qui vient à ma suite
aura la lumière qui conduit à la vie, a-t-Il dit.
Et si je marche vers sa ressurection, dans les souvenirs de mes passés, me commettre sur la voie du Seigneur aujourd'hui et demain me semble indubitablement un pas vers ma rédemption. (Amen.) C'est donc en ayant en tête ces prémisses que je compte maintenant concevoir la prochaine courte vidéo...
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Robert E. Howard, (1934).
Soupe au pois jaunes (2022).
OASIS (2021).
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