Page cochée

Conversations avec Klaus Kinski

propos sur la vie, l'art et les abysses


Le boeuf, la fourchette et
la lumière qui conduit à la vie


Noël 2021

18 janvier 2022

Salut Klaus!

Bonne année! Car nous voici en l'an de grâce 2022.

      J'ai pensé t'écrire quelques mots personnels sur le Noël et sur le jour de l'An qui vient de passer. Du coup, je vais en profiter pour alimenter un peu le volet propos sur la vie de mes correspondances avec toi.

J'ai eu l'opportunité de réfléchir sensiblement à ce qu'est l'étude du caractère au cours dernières semaines. Je déduits de ces réflexions que l'angle des motifs et du caractère est le bon; toutefois le traitement de cet angle tend à produire des contenus vraiment rigoristes de nature. Puisque je manque tellement de discipline, cela me convient bien, mais je cherche tout de même des pistes qui me permettraient d'ouvrir ces contenus à de plus larges publics tout aussi bien qu'aérer le contexte de leur production.

Je crois que l'angle des gouts et préférences peut permettre ce type d'allégement.

Noël 2021

J'ai pris gout au cours des dernières années à la préparation culinaire - je veux rester modeste quant à mes talents et connaissances et éviter pour l'heure de parler d'art culinaire - alors je gardais en tête qu'il pourrait m'intéresser de poser par écrit quelques unes de mes recettes. Anecdoctiquement, j'ai croisé durant les Fêtes une correspondance qu'Howard P. Lovecraft avait destiné à Robert E. Howard (1) (datée du 7 novembre 1932) dans laquelle il faisait part de sa grande appréciation pour les plats de dinde relevés (de la Nouvelle-Angleterre).

Il m'a semblé bien sympatique, comme idée, d'aboder ces propos sur la vie, que je compte tenir avec toi, avec un compte-rendu de mon souper de Noël et ma première essai du boeuf bourguignon. Plat, je dois le mentionner, que je ne me souvienais pas avoir jamais gouté.

Par les temps qui courent, il y a une épidémie (mondiale) de coronas virus alors il nous était impossible de se réunir: au départ, nous devions être une dizaine, puis au final nous n'étions que quatre, en m'incluant. J'ai hésité entre deux recettes glanées sur le web et je comptais improviser un peu afin d'hybrider l'une et l'autre et pouvoir prétendre un tant soit peu à la création. Il faut dire que les deux recettes se ressemblaient beaucoup: les photos accompagnant l'une étaient plus belles et donnaient l'idée d'un plat véritablement appétissant. Cependant que l'autre était publiée sur un site qui a su souvent m'offrir des résultats absolument plaisants et avait, également, l'originalité d'inclure une cuillière de brandy sur la liste d'ingrédients. Bien que je m'étais autorisé, pour cette occasion, à considérer en boucle mes choix je fus frappé par la trouille lorsque fut le temps de cuisiner. Aussi, contrairement à ce que j'aurais souhaité, j'ai surtout cherché à limiter les libertés que je prenais avec la recette choisie.

J'ai opté pour la recette aux belles photos, avec une certaine assurance puisqu'elle était dite inspirée de la cuisinière de renom, Julia Child; je me souviens d'avoir visionné un film qui évoquait la vie de cette dernière, il y a quelques années, et mes connaissances à son sujet ou quant à son oeuvre, se limitaient aux souvenirs que j'entretenais de ce visionnement. Aussi, la présentation de cette recette était plutôt rassurante et laissait imaginer pourquoi le boeuf bourguignon avait acquis une forme de notoriété: soit comme plat gastronomique ou, comme présenté dans cette recette, comme un plat réconfortant.

J'ai pris la journée du 23 décembre pour préparer le souper du lendemain: j'avais prévu cuisiner le jour-même du repas, mais j'ai pris peur sur une mise en garde qu'avait inclue l'auteure selon laquelle le gout de l'alcool pouvait être très prononcé immédiatement après le temps de cuisson recommandé. Aussi, ai-je été aggréable surpris et réassurer lorsque je gouta mon mélange: un très bel équilibre, même un peu décevant en ce sens où les couleurs et les attentes, quant à un met qui a fait époque, me semblaient bien mal valorisés par la simple atteinte d'un aggréable, voire parfait, équilibre.

« Au souper, la réception du plat a été polie sans plus. »

 
Gerbert West Reanimator (Acrylique sur papier et technique numérique) , illustration de Javier García Ureña d'après la nouvelle Herbert West, réanimateur (1921/22) de Howard Phillips Lovecraft.

Lovecraft écrit à Howard, le lundi 7 novembre 1932, que « parmi les viandes, j'imagine que je préfère le boeuf pour la consommation générale, mais j'aime les autres viandes tout aussi bien. J'aime les saucisses, en particulier les saucisses à l'ancienne cuites au four ou frites. J'aime la volaille, mais uniquement la viande blanche. Je ne supporte pas la viande brune. Mon repas vraiment préféré est le dîner régulier à base de dinde de la Nouvelle-Angleterre, avec une vinaigrette très assaisonnée, de la sauce aux canneberges, des oignons, etc. et une tarte hachée pour le dessert. » (Traduction libre, d'après l'anglais original trouvé sur A compilation of all foods mentions in Lovecraft's private letters.

Au souper, la réception du plat a été polie sans plus.

À mon avis, ce n'était pas mauvais, mais je n'éprouvais pas de tristesse à l'idée qu'il y en avait de moins en moins dans mon assiette. J'ai découvert le lardon comme ingrédient dans la cuisine et il y avait certe une forme d'originalité dans le plat, mais cette originalité se résumait à la présence du vin dans la sauce et la capacité de cette dernière à garder en équilibre les autres saveurs. Au-delà de cette équilibre, je crois qu'il y avait très peu à remarquer et donc très peu à dire. Je regrette de ne pas avoir osé l'hybridation dont je te parlais plutôt, et mon manque de courage quant aux écarts que je me suis refusé à prendre en cuisinant. Si c'était à refaire, j'essayerais sans doute d'inclure des gouts et des saveurs qui me plaisent quitte à briser l'équilibre sur laquelle je me suis déjà trop entretenu... J'ajouterais aussi la cuillière de brandy afin que le plat ait un niveau de saveur supplémentaire.

Bref, trop insipide: je vais garder un peu de modestie et me blâmer plutôt que de lancer la pierre à la recette ou au gout des publics qui, à mon avis toujours, semble élevé ce plat sur des bases assez peu demandantes.

Une fourchette

Dans mes premiers "vrais" pas en cuisine, j'en suis à adopter l'expression profil de saveur et articulation géographique d'une assiette; je compte bien te reparler de cuisine éventuellement, mais pour l'heure, je te dirais que je travaille dans l'objectif de concevoir une fourchette qui allierait un minéral, un brulant, un amer et un sucré. Le sofrito portoricain semble être porteur d'espoirs en ce sens.

Dernièrement, j'ai eu l'opportunité de faire quelques test avec le poivre blanc, les graines de sésames et de fenouils. Lorsque je cuisine le poisson, j'ajoute de l'estragon. Je suis encore assez loin de la fourchette que j'aimerais obtenir, mais je m'amuse beaucoup à imaginer et gouter mes recettes (mélanges, serait sans doute un mot plus approprié) improvisées. Dans tous les cas, je m'amuse beaucoup de mes essais en cuisine (2) j'arrive parfois à de bons résultats, parfois à des résultats étonnants et d'autre fois, à des gouts un peu décevants. Puisque j'ai suivi une recette traditionnelle pour le boeuf bourguignon, tu comprends sans doute mieux ma déception: à l'improviste, il me semble arriver, avec assez de régularité, à des résultats aisément comparables à la qualité de ce que j'ai servi pour ce Noël...

La lumière qui conduit à la vie

Je reprends piano, piano la production de contenus originaux. J'aimerais bien publié une nouvelle vidéo avant la fin du mois de janvier: le mois dernier, j'ai profité de la publication d'une courte vidéo pour échauffer une formule qui mettrait en relief le point de focalisation de la chaine vidéo associée à la Page cochée. J'ai opté pour l'appellation Vivre ++, une référence à vivre plus intentionnellement dans la poursuite de la félicité. Mais c'est surtout sur l'évocation d'un passage de l'Évangile selon Jean, la lumière qui conduit à la vie que je compte journaliser un peu plus en avant dans les prochains jours, en vue de cette nouvelle vidéo. Alors pour m'aider à organiser mes idées un peu, tu ne m'en voudras pas trop de conclure mon actuelle missive en jetant les quelques idées que j'ai en tête à ce sujet.

Après avoir offert, sans succès, à l'assemblée de jeter des pierres à une pécheresse, Jésus de même que l'assemblée va son chemin sans juger cette dernière. Jean 8:12, nous dit alors du Sauveur qu'il est « la lumière du monde » et ajoute que « Celui qui vient à [sa] suite ne marchera pas dans les ténèbres; qu'il aura la lumière qui conduit à la vie. » J'envisage ici "la vie" comme un synonyme de "la Vérité". Je m'explique rapidement sur ce point: culturellement, je crois qu'il est difficile de ne pas admettre l'héritage de la judéo-chrétienneté dans nos vies, dans nos manières de voir ou de comprendre le monde ou, encore, dans les raisons qui motivent l'ordination de nos valeurs. Pour moi, mais aussi sans trop de prétentions à cet effet, pour les gens avec qui j'ai grandi et, par extension, pour mon environnement tant immédiat que plus large, il me semble aller de soit que la trame narrative biblique n'était jamais très loin de moi et des quotidiens que je vivais.

Précisément, de tous mes quotidiens et de toutes mes expériences avec le monde jusqu'à ce jour. Et, si Dieu veut bien que le soleil se lève pour moi demain, il en sera également ainsi pour mon prochain quotidien, comme pour le suivant.

L'ensemble concerné par la Page cochée tient à la saturation d'idées: c'est par cette saturation que devait ou doit s'opérer ma nouvelle épistémologie (3), ma nouvelle objectivité (mon renouveau, aussi bien dire). Il fait donc sens que recentrer mon vrai (la seule vraie vérité) passe par une réhabilitation (un souvenir repris conscienment, par choix) de la trame narrative biblique et en particulier de la vie, la mort et de la resurrection de Jésus - sous-ensemble, pour ainsi dire, que j'essais de formuler sous l'appellation la force-puissance resurrection.

Recenter mon vrai (la seule vérité), m'éloigner du mensonge ou purger autant se faire que peut mes souvenirs des mensonges c'est réarticuler la force-puissance ressurection dans l'ordre de mon vivant. S'éloigner du mensonge va de paire avec emprunter ou suivre la voie du Seigneur. La saturation des idées par la pensée chrétienne (et les valeurs qu'elle véhicule) est un atout dont on ne peut se passer dès lors qu'on éprouve une attirance pour ce chemin et sa promesse de salut. Pour les mensonges, dont sont innévitablement teintés les souvenirs de nos passés, se remémorer que le Sauveur n'était jamais bien distant des voies que nous empruntions, c'est retrouver la vérité; asserter que chacun des pas que l'on commetait, dans nos passés, s'écartait plus ou moins de la voie tracé par le Seigneur, qui nous a toutes et tous voulus pécheurs, c'est mettre en relief l'existence même de cette voie: celui qui vient à ma suite aura la lumière qui conduit à la vie, a-t-Il dit.

« Il est la lumière du monde. »
Il est la lumière du monde.

Et si je marche vers sa ressurection, dans les souvenirs de mes passés, me commettre sur la voie du Seigneur aujourd'hui et demain me semble indubitablement un pas vers ma rédemption. (Amen.)

C'est donc en ayant en tête ces prémisses que je compte maintenant concevoir la prochaine courte vidéo...


Salut Klaus;
Joyeux Noël un peu en retard! Merci de m'avoir écouté et de m'avoir aidé à mettre ces quelques idées en place. D.

Robert E. Howard, (1934).


Soupe au pois jaunes (2022).


OASIS (2021).

(1): Je connaissais déjà Lovecraft, en outre, parce que j'étais un joueur du jeu de rôle, sur table, de L'appel de Cthulhu basé sur la mythique cosmogonie lovecraftienne. J'ai d'ailleurs illustré cette entrée d'une image inspirée d'une de ces nouvelle, Herbert West, réanimateur (1922) et me suis empressé d'en faire la lecture; je ne suis plus trop certain si je l'avais déjà lu, mais dans tous les cas j'ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture... Tellement que le soir même, j'ai cauchemardé une des scènes.

A contrario, je ne connaissais pas du tout Robert E. Howard. C'est véritablement grâce à la correspondance relatant son gout pour la dinde bien assaissonée que Howard P. Lovecraft lui a adressée 1932 que j'ai fait la découverte du créateur de Conan le Cimmérien. Je me souviens, un peu, le visionnement de Conan le Barbare, dans les années 1980 alors que je pense bien qu'Arnold Schwarzenegger n'était pas encore un gros nom du cinéma américain. Sans faire de fouille extansive sur Howard et son oeuvre, j'ai tout de même retenu deux éléments que je trouvais particulièrement inspirant:

  • Violence primitive: On parle d'un héros qui tue beaucoup, sans éprouvé véritablement d'états d'âme, ni questionné par son éthique. « Il incarne la force sauvage, non civilisée mais aussi non pervertie. Je ne sais pas dans quelle mesure un rapprochement peut être fait, mais j'ai décidément pensé plus en terme de violence qu'en terme de schisme du réalisme dernièrement. Il faut dire qu'avec la vidéo que j'ai en tête de publié avant la fin de Janvier et la journalisation que je tiens avec toi, j'ai très peu fait "avancer" Tout l'océan sur un riblet. La prochaine étape prévue dans ce sens visera à donner un peu de chairs à la parcelle Délire(s) de fin du monde, fort probablement par l'écriture d'un fragment ou d'une révélation (je ne suis pas encore certains de l'appellation des morceaux qui constitueront les effets riblets.
  • Scène musicographiée: « Milius (John, le réalisateur du film) et Poledouris (Basil, compositeur de la bande originale) collaborent étroitement pendant toute la production, établissant des thèmes et des tons émotionnels pour chaque scène. Milius voit en effet son film comme un opéra, comprenant très peu de dialogues avec des scènes entières qui en sont dénuées et qui doivent donc être portées par la musique. »
L'anecdote (mort de la mère, précédé du suicide du fils.
(2): Ma soupe aux pois jaunes. Ma deuxième tentative à la soupe aux pois, celle-ci étant à mon sens plus accomplie que la première où j'avais utilisé des pois cassés. Lors de ma première essai, j'en étais arrivé à un potage beaucoup trop épais, mais quand même très bon dès lors que j'ajoutais de l'eau au moment de la réchauffer. Celle-ci, par contre, à du sirop d'érable, alors mon mérite est tout relatif, parce que le sirop d'érable c'est très bon, merci, comme se disait sans doute Confusius à une autre époque.

Pour cette recette vous aurez besoin:

(3): Nouvelle épistémologie, OASIS. Commenter mon renouveau, faire le lien avec la saturation des idées: d'une saturation par le giron d'idée à la proposition d'une saturation par les saintes Écritures.